Quatre TPE et PME sur dix utilisent désormais l’intelligence artificielle. Dans le même temps, les dirigeants sont moins nombreux à voir le bénéfice réel du numérique. Le recul est particulièrement marqué dans le bâtiment. C’est le paradoxe que dessine le Baromètre France Num 2026, publié fin septembre par la Direction générale des Entreprises. Derrière les pourcentages se pose alors une question très concrète pour un artisan ou un prestataire de services : comment faire en sorte que les outils numériques fassent gagner du temps et des clients, sans devenir une charge supplémentaire ? Les chiffres du baromètre apportent des éléments de réponse.
H2 : L’essentiel à retenir
- 40 % des TPE-PME utilisent au moins une solution IA en 2026 (trois fois plus qu’en 2024).
- 71 % des dirigeants estiment que le numérique apporte un bénéfice réel à leur entreprise (-7 points par rapport à 2025). Dans le bâtiment, ils ne sont plus que 61 % (-9 points).
- Parmi les utilisateurs de solutions payantes, 84 % jugent l’impact positif, contre 68 % pour l’ensemble des utilisateurs.
- 39 % des TPE-PME ont subi un incident de cybersécurité au cours des douze derniers mois et 53 % des dirigeants craignent de se faire pirater leurs données ou de les perdre.
- 76 % des TPE-PME pilotent leur activité grâce à leurs données, dont 44 % avec un tableur.
- La facturation électronique est la priorité pour 2026-2027 (39 %, +11 points), loin devant l’IA (18 %).
Quatre entreprises sur dix utilisent l’IA : qu’en font-elles au quotidien ?
En 2024, 13 % des TPE et PME déclaraient utiliser l’intelligence artificielle. Elles sont 40 % en 2026 selon le Baromètre France Num, l’enquête annuelle que le Crédoc réalise pour la Direction générale des Entreprises. Les PME atteignent même 53 %. Les secteurs quant à eux progressent, mais à des rythmes différents. Le numérique et les services spécialisés (conseil, ingénierie) ouvrent la marche avec 72 % et 60 %, le bâtiment-construction atteint deux fois plus qu’il y a un an avec 30 % et le transport-logistique suit à 29 %.
Que font ces entreprises avec l’IA ? 34 % s’en servent pour générer des contenus écrits, vocaux ou visuels ; 24 % l’utilisent pour la recherche d’informations ; 13 % pour l’analyse de documents ; 11 % pour l’automatisation de tâches répétitives et 9 % pour l’analyse de données.
Interrogées sur leurs dépenses consacrées à l’IA, les TPE-PME citent d’abord les abonnements et licences (17 %). La formation (5 %) ainsi que les conseils et prestations (2 %) n’arrivent qu’en queue de peloton. Autrement dit, les petites et moyennes entreprises s’équipent mais se forment peu.
La confiance dans le numérique en perte de vitesse ?
71 % des dirigeants de TPE et PME estiment que le numérique apporte un bénéfice réel à leur entreprise. Ce sont 7 points de moins qu’en 2025, mais c’est encore une large majorité. Le taux se maintient à 83 % chez les PME (-1 point), alors qu’il perd 8 points chez les TPE.
Le recul touche tous les secteurs, mais à des degrés très différents :
- -1 point (90 %) dans le numérique
- -4 à 5 points (81 %) dans les services spécialisés et services à la personne
- -8 points (78 %) dans les activités financières
- -9 points (61 %) dans le bâtiment et la construction
- –10 points (60 %) dans le transport et la logistique
Les budgets suivent le même mouvement :
- 30 % des TPE-PME ont consacré moins de 1 000 € au numérique (-3 points)
- 37 % y ont consacré plus de 1 000 € (-5 points)
- 33 % n’y ont consacré aucun budget (+8 points), hors formation et recrutement
Comment expliquer qu’on utilise plus d’outils tout en y croyant moins ? Le baromètre ne tranche pas, mais le quotidien d’un dirigeant de TPE suggère une piste. Un outil de devis à droite, une plateforme d’avis à gauche, sans oublier une messagerie, un tableur pour le suivi, un assistant IA pour générer des contenus… Chaque brique prise séparément rend service. Mises bout à bout, elles réclament du temps, des mots de passe, des ressaisies et une attention que le chef d’entreprise n’a plus en fin de journée. Le bénéfice n’existe presque plus, tellement il est dilué.
Outils gratuits ou payants : ce que les chiffres suggèrent
Sur ce point, le baromètre apporte une donnée nouvelle : 19 % des TPE et PME utilisent une solution IA payante. Parmi les entreprises utilisatrices, 68 % jugent l’impact de l’IA positif. Chez celles qui paient leurs outils, ce taux grimpe à 84 %.
Attention à ne toutefois pas tirer de conclusion hâtive. Ces chiffres établissent un lien statistique entre outils payants et satisfaction. Ils ne prouvent pas que payer rend l’IA plus utile. D’ailleurs, le Baromètre France Num le précise. Il est tout à fait possible que les entreprises déjà convaincues par l’IA soient simplement plus enclines à payer pour un outil. Reste que 16 points d’écart, ce n’est pas rien. Deux facteurs pourraient expliquer cette différence :
- une offre payante s’accompagne généralement de conditions d’utilisation professionnelles, de garanties sur le traitement des données et d’une continuité de service. Des arguments qui comptent dès qu’on fait transiter des informations clients.
- payer engage. On prend le temps de tester l’outil, de le paramétrer et de l’intégrer à sa façon de travailler.
Gratuit ou payant, un outil ne rend service que s’il trouve sa place dans une organisation. Celui qui connecte un ensemble de gestes quotidiens fait gagner du temps. Les autres non.
Le numérique pèse dans l’activité des TPE-PME
Même s’il est resté stable, le numérique confirme son importance dans le business model des petites et moyennes entreprises :
- 83 % disposent d’au moins une solution de visibilité en ligne
- 64 % ont un site web
- 46 % comptent au moins 5 % de clients venus d’internet (+2 points)
- 17 % génèrent plus de 50 % de leur C.A. en ligne (+2 points)
Internet n’est donc pas seulement une vitrine. C’est une source de clients, y compris pour des métiers qui ne vendent rien en ligne.
La sécurité des données, première inquiétude des dirigeants
Pour la première fois, le baromètre mesure directement l’exposition des petites entreprises aux attaques. 39 % des TPE et PME ont subi au moins un incident de cybersécurité au cours des douze derniers mois. L’hameçonnage, ces mails frauduleux qui imitent une banque ou un fournisseur pour soutirer des identifiants, arrive en tête (18 %), devant les virus et logiciels malveillants (8 %).
Les dirigeants ont pris la mesure du risque :
- 53 % craignent de perdre leurs données ou de se les faire pirater (+16 points de plus qu’il y a 7 ans)
- 65 % règlent l’incident seuls et 31 % font appel à un prestataire
Les mesures de protection, elles, progressent lentement. 84 % des TPE-PME en ont déployé au moins une, le plus souvent un antivirus (80 %) et une sauvegarde externe des données (67 %). L’authentification multifacteur, la validation par code ou par application qui s’ajoute au mot de passe, est la seule mesure en nette progression (39 %, +7 points).
Pour une TPE sans service informatique, la sécurité commence par des questions simples. Où sont stockés les devis, les factures et les coordonnées des clients, qui les sauvegarde et à quelle fréquence ? Les réponses doivent évoluer avec l’entreprise, parce que le volume de données grandit et que les attaques changent de forme. Un point à remettre régulièrement à l’ordre du jour, pas seulement le jour où l’on s’équipe.
Facturation électronique et pilotage de l’activité : les deux chantiers de 2026-2027
Malgré des budgets en baisse, 78 % des TPE et PME ont des projets numériques pour 2026-2027, soit 7 points de plus qu’en 2025. La hiérarchie des priorités est éloquente.
La réforme de la facturation électronique arrive largement en tête, citée par 39 % des entreprises (+11 points). Le calendrier fixé par la loi de finances pour 2024 et détaillé sur impots.gouv.fr ne laisse plus de marge. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. Une entreprise qui n’a pas encore déclaré sa plateforme n’est pas en conformité. L’obligation d’émission, déjà en vigueur pour les grandes entreprises et les ETI, s’étendra aux PME, TPE et microentreprises le 1ᵉʳ septembre 2027. Dans moins d’un an, chacune d’elles devra donc non seulement recevoir ses factures, mais aussi les produire avec un outil adéquat.
Viennent ensuite l’achat de logiciels (26 %), la formation (21 %, +4 points), le matériel (19 %) et, en dernière position, l’intelligence artificielle (18 %). L’IA progresse dans les usages mais reste une priorité secondaire dans les budgets, derrière des sujets plus pressants.
Enfin, le suivi de l’activité complète le tableau. 76 % des TPE-PME exploitent leurs données pour piloter leur activité. Un peu plus de la moitié (51 %) le font avec un logiciel métier (CRM, ERP) contre 44 % avec un tableur. Près d’une entreprise sur deux suit donc encore ses devis, ses encaissements et ses relances dans des feuilles de calcul tenues à la main ! Un système qui peut fonctionner tant que les volumes restent modestes, mais qui devient fragile dès que l’activité s’accélère.
Plus que pro Solution : une réponse aux retards pointés par le baromètre
Le Baromètre France Num a mis en exergue des retards concrets chez les TPE-PME. Pourtant, la taille d’une structure n’est pas une raison de subir les évolutions du numérique. Des outils, conçus pour faciliter le quotidien des petites et moyennes entreprises existent. C’est notamment le parti pris de Plus que pro Solution. Ce logiciel tout-en-un centralise et interconnecte plus de 30 produits, parmi lesquels la gestion de la réputation en ligne, la génération de devis et documents de travail (bons de commande, fiches de travail…), la facturation (conforme) ou encore l’automatisation de tâches chronophages mais indispensables comme les relances et demandes d’avis clients. Un seul espace, où chaque action nourrit la suivante.
FAQ : vos questions sur le numérique dans les TPE
Le Baromètre France Num est-il fiable ?
Oui, c’est une source officielle et solide. Il est réalisé chaque année depuis 2020 par le Crédoc pour la Direction générale des Entreprises. L’édition 2026 repose sur les réponses de 9 655 entreprises de 0 à 249 salariés, interrogées entre le 23 mars et le 18 avril 2026, avec des résultats représentatifs par taille, secteur et région et une marge d’erreur inférieure à 1 %. Les évolutions citées dans cet article comparent 2026 à 2025, sauf mention contraire.
Qu’est-ce que le Crédoc ?
Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie est un organisme d’études indépendant, créé en 1953 sous statut associatif. Il réalise des enquêtes sur la consommation, les modes de vie et les pratiques des ménages et des entreprises, pour le compte d’acteurs publics et privés. Il est notamment connu pour son enquête annuelle sur les conditions de vie et les aspirations des Français.
Les microentrepreneurs sont-ils concernés par la facturation électronique ?
Oui. L’obligation vise toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, y compris celles qui bénéficient de la franchise en base et qui ne la facturent pas. Un microentrepreneur doit pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 et devra pouvoir en émettre à partir du 1er septembre 2027 pour ses clients professionnels (source : impots.gouv.fr).
Actu rédigée d’après l’article de Blog du Modérateur et le Baromètre France Num 2026.