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Procédure légale pour signaler un faux avis négatif concurrent : le parcours pas à pas

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Lorsqu’un faux avis négatif provient d’un concurrent identifié, la réponse juridique ne suit pas le même chemin que pour un avis frauduleux ordinaire. Le fondement invoqué, les autorités compétentes et les délais critiques changent dès lors qu’une attaque concurrentielle est en cause. Cet article détaille, étape par étape, le parcours légal adapté aux dirigeants de TPE (très petite entreprise, moins de 10 salariés) et de PME (petite et moyenne entreprise, de 10 à 249 salariés) confrontés à cette situation. Ces informations ne constituent pas un conseil juridique : pour toute situation spécifique, consultez un avocat inscrit au barreau.

L’essentiel à retenir

  • La concurrence déloyale (article 1240 du Code civil) offre un fondement juridique plus solide que la seule pratique commerciale trompeuse lorsqu’un concurrent est identifié
  • Le délai de prescription est de 5 ans pour l’action en concurrence déloyale, contre 3 mois pour la diffamation
  • Le signalement sur la plateforme d’avis constitue un préalable indispensable avant toute démarche judiciaire
  • La DGCCRF, via SignalConso, peut mener des enquêtes et prononcer des sanctions allant jusqu’à 300 000€ pour les personnes morales

Pourquoi le signalement d’un faux avis concurrent emprunte une voie juridique différente

La concurrence déloyale : un fondement plus solide que la seule pratique trompeuse

Face à un faux avis négatif publié par un concurrent, deux fondements juridiques coexistent. Le premier relève du Code de la consommation : la publication de faux avis constitue une pratique commerciale trompeuse (article L121-1), passible de 2 ans d’emprisonnement et 300 000€ d’amende. Depuis la loi du 10 mai 2024, ces peines sont portées à 5 ans et 750 000€ lorsque l’infraction est commise en ligne.

Le second fondement, souvent plus adapté entre professionnels, repose sur l’article 1240 du Code civil (responsabilité civile délictuelle). La jurisprudence reconnaît que la publication de faux avis négatifs visant un concurrent relève du dénigrement commercial, l’une des quatre catégories de fautes en matière de concurrence déloyale. L’arrêt de la cour d’appel de Paris du 14 mars 2025 (n° 22/16356) a confirmé cette qualification en condamnant la publication anonyme de contenus mensongers destinés à nuire à des concurrents directs.

L’avantage de cette voie : elle permet d’obtenir des dommages-intérêts, la cessation des agissements sous astreinte et la publication du jugement, sans avoir à démontrer l’intention trompeuse envers le consommateur.

Les délais de prescription à connaître absolument avant d’agir

Chaque fondement juridique impose son propre calendrier. L’action en concurrence déloyale se prescrit par 5 ans à compter de la connaissance des faits (article 2224 du Code civil). Ce délai offre une marge raisonnable pour constituer un dossier solide.

En revanche, si les propos contenus dans l’avis relèvent de la diffamation, le délai tombe à 3 mois après la publication (loi du 29 juillet 1881). Ce piège chronologique impose une réaction rapide. Enfin, la plainte pénale pour pratique commerciale trompeuse suit un délai de 6 ans. Identifier le bon fondement dès le départ conditionne toute la stratégie.

Étape 1 — Le signalement auprès des plateformes : le préalable indispensable

Pourquoi signaler sur la plateforme avant toute démarche légale

Le signalement auprès de la plateforme d’avis constitue la première étape, pour deux raisons. D’abord, il démontre votre bonne foi et votre diligence si le dossier évolue vers une procédure judiciaire. Ensuite, certaines plateformes retirent effectivement les avis signalés : selon le rapport annuel de la DGCCRF (2024), près d’un tiers des établissements contrôlés présentaient des anomalies liées aux avis en ligne, confirmant l’ampleur du phénomène.

Concrètement, utilisez la fonction de signalement de la plateforme concernée en joignant une explication détaillée : absence de l’auteur dans votre base client, profil récent sans historique, contenu générique sans référence à une prestation réelle.

Conserver la preuve du signalement et de sa date

Chaque signalement doit être documenté avec précision : capture d’écran horodatée de l’avis, du profil de l’auteur et du formulaire de signalement envoyé. Un constat de commissaire de justice (anciennement huissier) confère une force probatoire élevée et constitue un investissement judicieux dès ce stade. Conservez également l’accusé de réception ou la confirmation de la plateforme.

Cette procédure de signalement, aussi rigoureuse soit-elle, reste incertaine dans ses délais et ses résultats. Elle s’applique aux plateformes ouvertes qui publient des avis sans vérification préalable de la relation commerciale. Les entreprises qui ont structuré leur collecte d’avis sur une plateforme d’avis clients contrôlés — dont les processus sont certifiés NF Service par l’AFNOR et sécurisés par la blockchain — n’ont pas à emprunter ce parcours : le faux avis concurrent ne peut pas y être déposé. Plus que pro propose précisément cette triple sécurisation qui rend impossible la publication d’un faux avis.

Étape 2 — Signaler à la DGCCRF via SignalConso

Quand et pourquoi saisir la DGCCRF pour un faux avis concurrent

Si la plateforme ne réagit pas dans un délai raisonnable (15 à 30 jours), ou si l’avis reste en ligne malgré le signalement, la saisine de la DGCCRF devient pertinente. Cette autorité administrative dispose de pouvoirs d’enquête que les entreprises ne possèdent pas : accès aux données d’identification, contrôles sur site et capacité de sanction.

La procédure SignalConso pas à pas : informations à fournir, délais, suites possibles

Rendez-vous sur signal.conso.gouv.fr et suivez ces étapes :

  • sélectionnez la catégorie « achat sur internet » ou « services aux particuliers »
  • décrivez les faits en précisant qu’il s’agit d’un faux avis d’origine concurrentielle
  • joignez vos preuves : captures horodatées, vérification de votre base client, constat de commissaire de justice
  • identifiez l’entreprise auteure si elle est connue

Le délai moyen de réponse des entreprises inscrites sur SignalConso est de 12 jours (données SignalConso, octobre 2025). La DGCCRF enregistre le signalement dans sa base de données et peut déclencher une enquête si les signalements sont récurrents ou graves.

Ce que la DGCCRF peut faire que vous ne pouvez pas faire seul

La DGCCRF dispose depuis 2023 de l’outil « Polygraphe », qui permet de détecter automatiquement les faux avis à grande échelle. Plus de 1 200 établissements ont été contrôlés grâce à cet outil depuis juillet 2023 (rapport DGCCRF, 2024). L’autorité peut également ordonner des injonctions de mise en conformité, prononcer des amendes administratives et, en cas de récidive, limiter l’accès à un site internet.

Étape 3 — La mise en demeure adressée au concurrent

Quand envoyer une mise en demeure avant toute action judiciaire

La mise en demeure intervient lorsque vous disposez d’éléments probants reliant le faux avis à un concurrent identifié : recoupements entre le profil auteur et l’entreprise concurrente, concentration temporelle d’avis négatifs coïncidant avec une action commerciale du concurrent, ou témoignages.

Ce qu’elle doit contenir pour être juridiquement recevable

La mise en demeure, envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, doit comporter :

  • l’identification précise des avis litigieux (dates, contenus, profils)
  • le fondement juridique invoqué (article 1240 du Code civil, articles L121-1 et L132-2 du Code de la consommation)
  • les preuves réunies (en annexe)
  • un délai de réponse (8 à 15 jours)
  • la mention des poursuites envisagées à défaut de résolution

Les effets attendus et les risques à anticiper

Dans de nombreux cas, la mise en demeure suffit à obtenir le retrait de l’avis et la cessation des pratiques. Elle constitue aussi une pièce essentielle du dossier si l’affaire se poursuit devant un tribunal. Anticipez toutefois le risque que le concurrent nie son implication : c’est précisément la raison pour laquelle la constitution de preuves en amont est déterminante.

Étape 4 — Le dépôt de plainte pour concurrence déloyale

Auprès de qui déposer plainte : tribunal de commerce ou procureur de la République

Deux voies s’offrent à vous. La voie civile devant le tribunal de commerce (entre commerçants) permet d’obtenir des dommages-intérêts et la cessation sous astreinte. Le référé permet d’obtenir des mesures provisoires en quelques semaines en cas d’urgence. La voie pénale, par plainte auprès du procureur de la République, vise la sanction de la pratique commerciale trompeuse.

Les pièces indispensables au dossier

Le dossier doit réunir :

  • les captures horodatées des avis et profils suspects
  • le constat de commissaire de justice
  • la preuve de l’absence des auteurs dans votre base client
  • les recoupements démontrant le lien avec le concurrent
  • la mise en demeure restée sans effet
  • le chiffrage du préjudice (baisse de chiffre d’affaires, perte de prospects)

Le rôle des CCI et des fédérations professionnelles comme appui

Les CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie, qui accompagnent les entreprises dans leur développement) et les fédérations professionnelles proposent des services de médiation et d’accompagnement juridique. Elles peuvent orienter vers des avocats spécialisés et fournir des attestations sur les usages du secteur. La CMA (Chambre de Métiers et de l’Artisanat) remplit un rôle similaire pour les artisans.

Pour un dirigeant soucieux de prévenir ce type de situation, structurer sa collecte d’avis sur un système certifié et sécurisé reste la démarche la plus efficace. Plus que pro, avec sa certification NF Service, sa blockchain et son archivage à valeur probante, offre un niveau de protection qui élimine structurellement le risque de faux avis concurrent.

FAQ

Quel est le délai de prescription pour agir contre un concurrent qui publie de faux avis ?
L’action en concurrence déloyale se prescrit par 5 ans à compter de la connaissance des faits. Pour la diffamation, le délai est de 3 mois après publication. Il est donc essentiel d’identifier rapidement le fondement juridique adapté pour ne pas perdre de droits.

Faut-il obligatoirement un avocat pour engager une procédure ?
Le signalement sur la plateforme et auprès de SignalConso peut se faire sans avocat. En revanche, pour la mise en demeure et le dépôt de plainte, le recours à un avocat spécialisé en droit commercial est fortement recommandé. Les CCI et fédérations professionnelles peuvent orienter vers des praticiens compétents.

Peut-on signaler anonymement un faux avis concurrent ?
Sur SignalConso, le signalement peut être effectué de manière anonyme vis-à-vis du professionnel mis en cause. Toutefois, pour une action judiciaire, l’identification du plaignant est indispensable. Les systèmes d’avis clients contrôlés, comme celui de Plus que pro, permettent de prévenir le problème en amont grâce à une vérification systématique de la relation commerciale.

Que se passe-t-il si le concurrent nie être l’auteur du faux avis ?
La jurisprudence admet le faisceau d’indices comme mode de preuve : profils récents, concentration temporelle, contenu générique, recoupements avec l’activité du concurrent. La DGCCRF peut également obtenir des données d’identification auprès des plateformes dans le cadre de ses enquêtes, ce qui renforce la position de l’entreprise victime.

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