Les délais de paiement entre entreprises s’améliorent en France. C’est le constat du rapport annuel publié en septembre 2026 par la Banque de France. Mais derrière cette moyenne encourageante se cache une réalité à deux vitesses. Celle où les entreprises déjà vertueuses règlent toujours plus vite, pendant que les plus mauvais payeurs creusent davantage leurs retards. Résultat, il manque toujours 13 milliards d’euros dans la trésorerie des PME et microentreprises. Voici ce que dit le rapport et ce qu’il est possible de mettre en place pour ne plus financer malgré vous vos clients retardataires.
L’essentiel à retenir
- Les délais clients et fournisseurs ont reculé de 1,5 jour d’après les dernières données disponibles (exercice 2024).
- Les 10 % de plus mauvais payeurs voient leur situation se dégrader et moins d’une grande entreprise sur deux respecte le délai légal de 60 jours.
- Fin 2025, le retard moyen s’établit à 13,4 jours en France, légèrement au-dessus de la moyenne européenne.
- Sans ces retards, PME et microentreprises disposeraient de 13 milliards d’euros de trésorerie supplémentaire.
- Les défaillances restent élevées, avec 68 564 procédures sur douze mois à fin décembre 2025 (Banque de France, février 2026).
Des paiements qui s’améliorent inégalement
Sur le papier, la tendance est bonne. D’après les dernières données de bilan analysées par l’Observatoire des délais de paiement (ODP) portant sur l’exercice 2024, les délais clients comme les délais fournisseurs ont diminué de 1,5 jour. Dans le même temps, la part des entreprises qui règlent leurs factures dans le délai légal de 60 jours a gagné 2 points. C’est la quatrième année consécutive que les comportements de paiement progressent depuis la crise sanitaire.
Mais cette moyenne masque un mouvement de fond plus inquiétant. La baisse des délais est portée par les entreprises qui payaient déjà le mieux. À l’autre bout du spectre, les 10 % d’entreprises affichant les délais les plus longs ont vu leur situation se dégrader encore plus. Cette polarisation se retrouve dans la plupart des secteurs.
Le rapport pointe également un déséquilibre par taille. Moins d’une grande entreprise sur deux respecte le délai légal de 60 jours, une proportion nettement inférieure à celle des autres catégories, y compris les entreprises de taille intermédiaire. Autrement dit, ce sont souvent les acteurs les plus solides financièrement qui font attendre les plus petits.
Résultat, le retard de paiement moyen en France atteint encore 13,4 jours fin 2025, malgré une amélioration amorcée au second semestre. C’est légèrement au-dessus de la moyenne européenne.
13 milliards d’euros : la trésorerie que les petites entreprises avancent aux autres
C’est le chiffre à retenir du rapport. Sans les retards de paiement, les PME et microentreprises auraient disposé de 13 milliards d’euros de trésorerie supplémentaire. Autant d’argent qui reste immobilisé chez les clients au lieu de financer l’activité de ceux qui ont réalisé le travail.
Vous avez acheté les matériaux, payé les salaires et avancé la TVA. Pendant ce temps, votre client retardataire conserve sa trésorerie à vos frais, sans intérêts et sans demander votre accord. À l’échelle d’une TPE, cela se traduit par des situations très concrètes :
- un découvert bancaire qui devient permanent et coûte des agios
- un investissement repoussé faute de visibilité sur les rentrées d’argent
- une embauche gelée alors que les carnets de commandes sont pleins
Le rapport de l’ODP est clair sur ce point. Ces retards pèsent sur la solidité financière des entreprises et sur l’équilibre des relations commerciales. Et ils surviennent dans un contexte déjà tendu. À fin décembre 2025, la Banque de France recensait 68 564 défaillances d’entreprises en cumul sur douze mois (statistiques publiées en février 2026). Ce chiffre couvre toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, même si les très petites structures en représentent la grande majorité. Quand la trésorerie est le premier facteur de fragilité, chaque jour de retard compte.
4 leviers pour reprendre la main sur vos encaissements
Face à un mauvais payeur, beaucoup de dirigeants se sentent démunis. Relancer prend du temps et fait craindre d’abîmer la relation commerciale. Pourtant, les entreprises réglées le plus rapidement ne sont pas celles qui ont les clients les plus vertueux. Ce sont celles qui ont un process.
4 leviers sont à la portée de toutes les petites et moyennes entreprises.
- Facturer vite et sans erreur. Une facture envoyée trois semaines après la fin du chantier, ce sont trois semaines de délai offertes avant même que le compteur légal ne démarre. Une facture incomplète ou adressée au mauvais service, c’est un prétexte de plus pour allonger le délai de paiement.
Pour aller plus loin : Comment prévenir les impayés dès la signature du devis : le guide TPE et artisans.2. Suivre les échéances au jour près. Un retard qu’on détecte à J+1 se traite facilement. Celui qui est découvert deux mois plus tard en faisant ses comptes, beaucoup moins.
3. Relancer tôt et systématiquement. La première relance doit rester courtoise mais partir dès le lendemain de l’échéance. Les rappels doivent s’enchaîner à intervalles réguliers, sans exception.
4. Monter d’un cran quand il le faut. Si les relances amiables restent lettre morte, la mise en demeure puis le recouvrement prennent le relais. Un créancier qui va au bout de la démarche est payé en priorité la fois suivante.
En toile de fond, la généralisation de la facturation électronique devrait rebattre les cartes. Des factures normées, transmises et horodatées automatiquement laisseront en effet moins de place aux « factures jamais reçues » et autres litiges dilatoires. L’ODP annonce d’ailleurs que ses prochains travaux mesureront les effets attendus de cette réforme sur les délais de paiement.
Pour une aller plus loin, découvrir la méthode complète, étape par étape : Comment automatiser les relances de factures impayées efficacement : méthode, leviers et indicateurs.
Et si vous arrêtiez de courir après votre argent ?
Adopter ces leviers n’est pas compliqué. Ce qui l’est, c’est de les tenir semaine après semaine quand on doit de surcroît gérer seul les chantiers, les devis et l’administratif. C’est là que Plus que pro Solution fait la différence.
Un devis généré dans l’application est automatiquement transformé en facture. Les relances sont configurées une fois puis sont automatiquement envoyées aux échéances prévues. Et si un impayé survient malgré tout, le recouvrement amiable est intégré nativement dans l’application : vous déclenchez la procédure en un clic, sans sortir de l’outil et sans mandater un prestataire extérieur. Vous gardez la main sans avoir à y penser.
Pour aller plus loin : Outils pour automatiser les relances d’impayés : quelle solution pour une TPE ?
FAQ : vos questions sur les retards de paiement
Quel est le délai de paiement légal entre professionnels ?
Par défaut, le paiement est dû 30 jours après la réception de la marchandise ou l’exécution de la prestation. Les parties peuvent convenir d’un délai plus long, plafonné à 60 jours après l’émission de la facture (ou 45 jours fin de mois). Au-delà, la clause est illégale.
Puis-je facturer des pénalités à un client professionnel en retard ?
Oui, et sans même avoir à le relancer. Les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement sont dues de plein droit dès le lendemain de l’échéance, par facture impayée. Le taux des pénalités figure dans vos conditions générales de vente.
Que risque une entreprise qui paie systématiquement en retard ?
Une amende administrative de la DGCCRF pouvant atteindre 2 millions d’euros pour une société, avec publication de la sanction. La Banque de France peut aussi dégrader la cotation de l’entreprise, ce qui rend le crédit plus cher et plus difficile à obtenir. En 2025, 1 290 entreprises ont vu leur cotation abaissée pour cette raison.
Un client public peut-il me faire attendre 60 jours ?
Non. L’État et les collectivités locales doivent régler sous 30 jours, les établissements publics de santé sous 50 jours. En cas de dépassement, des intérêts moratoires et l’indemnité de 40 € s’ajoutent automatiquement à votre créance.
La réglementation évolue rapidement et certaines mesures citées peuvent avoir changé depuis la rédaction. Vérifier les sources officielles avant toute démarche.
Actu rédigée d’après l’article de la Banque de France.